Le gentleman driving désigne la pratique de la course automobile par des pilotes amateurs, les gentlemen drivers, qui courent sans en faire leur métier. Ils s’engagent surtout en endurance et en GT, souvent aux côtés de professionnels, et la FIA les range le plus souvent dans la catégorie bronze.
Cet article décrit le classement des pilotes, la place de l’amateur dans un équipage, le chemin vers la compétition, le budget et le vestiaire associé au terme.
Ce que désigne le gentleman driving
Un gentleman driver est un pilote qui finance lui-même sa saison, ou une partie de celle-ci, au lieu d’être payé par une équipe. Le professionnel vit de la course et touche une rémunération. L’amateur paie sa place dans la voiture et l’accompagnement de l’écurie.
Le terme vient des amateurs fortunés qui alignaient leur propre voiture dans les courses d’avant-guerre et des années 1950. Il ne décrit ni un niveau de vitesse ni un métier de la conduite : un chauffeur de prestige n’a rien à voir avec ce statut, comme le montre l’article sur le chauffeur privé de luxe.
Bronze, silver, gold, platinum : comment la FIA classe les pilotes
La FIA attribue à chaque pilote une catégorie parmi quatre : bronze, silver, gold et platinum. Le classement repose sur l’âge, l’expérience et les résultats.
Le pilote bronze a obtenu sa première licence après 30 ans avec peu ou pas d’expérience en monoplace. Un pilote de moins de 30 ans y entre aussi quand sa licence date de l’année de sa première catégorisation. Un ancien silver sans résultats marquants peut y revenir.
Le pilote silver est un pilote de moins de 30 ans qui ne remplit pas les critères gold ou platinum. Un pilote qui a gagné au classement général d’un championnat régional ou national majeur est lui aussi silver. Le gold récompense des résultats supérieurs, comme un podium dans une série monoplace internationale secondaire ou une victoire dans une grande série GT.
Le platine est réservé aux carrières professionnelles les plus abouties. Ces pilotes sont par exemple exclus de la Michelin Le Mans Cup.
La place de l’amateur dans un équipage Pro-Am
En endurance, un équipage mêle des pilotes de niveaux différents. Les règlements des catégories GT imposent des pilotes bronze ou silver dans chaque voiture, ce qui garantit une place aux amateurs.
Aux 24 Heures du Mans, trois pilotes se relaient dans chaque voiture. En LMGT3 comme en LMP2, les pilotes bronze et silver doivent totaliser au moins six heures au volant, sous peine de pénalité, voire de disqualification.

Le gentleman driver conduit donc une part réelle de la course. Les pilotes professionnels de l’équipage prennent les relais où le rythme compte le plus, et le temps au volant reste limité à quatre heures sur toute période de six heures.
Devenir gentleman driver, du stage de pilotage à la licence
Le parcours commence sur la route : avant la piste, il faut le permis et donc réviser le code de la route. Viennent ensuite les stages et les journées de roulage sur circuit, qui servent à apprendre les trajectoires et à tester sa tolérance à la vitesse.
La compétition exige une licence de la Fédération française du sport automobile, délivrée avec un certificat médical. Les conditions précises et le prix dépendent du type de licence et de la discipline : le site de la FFSA fait foi.
Les premières courses se disputent souvent en monotype, c’est-à-dire avec des voitures identiques, ou en championnat national. Le passage en GT vient ensuite, quand le pilote vise l’endurance et les équipages Pro-Am. Louer un baquet dans une écurie permet de courir sans acheter de voiture.
Le budget d’une saison de course amateur
Le coût d’une saison se compose de la licence, de l’équipement, des journées de roulage, de la location de la voiture ou du baquet, des engagements et des déplacements. Chaque poste varie fortement selon la discipline.
Une saison nationale en monotype reste bien moins chère qu’une saison d’endurance internationale en GT, où l’engagement, l’assistance technique et la logistique pèsent davantage. Avant de s’engager, il vaut mieux demander à l’écurie un devis complet qui détaille chaque poste.
Le style gentleman driver, des gants au blouson
En course, l’équipement est imposé : casque, combinaison, gants et système de retenue de la tête doivent être homologués selon les normes de la FIA. Le règlement ne laisse aucune place au choix esthétique.

Le vestiaire « gentleman driver » de route est autre chose. Il vient des années 1950 et 1960 : gants de conduite en cuir, blouson, lunettes. Cette élégance rappelle celle d’une berline emblématique du style français.
Ces pièces servent sur route ou en rassemblement de voitures anciennes, jamais en compétition, où seule la tenue homologuée est acceptée.
Le statut de gentleman driver tient donc à une catégorie FIA et à un financement personnel, pas à un vêtement. Un amateur qui vise le Mans doit d’abord obtenir sa licence et accumuler des journées de roulage.

